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Débats au Conseil de la Société des Nations à Genève en juin 1921
Comment expliquer une si large autonomie octroyée à
une population si peu nombreuse?
Depuis fort longtemps et pour autant qu’on sache, les
ålandais parlent la langue suédoise. Ils ont eu une culture qui s’est
rapprochée de celle de la Suède. Åland a aussi fait partie du Royaume de
Suède. Elle fut parfois administrée d’une manière assez indépendante
jusqu’à la guerre de 1808-1809 lorsque, la Suède était obligée de
renoncer à la Finlande et à Åland, au profit de la Russie. C’est ainsi
qu’Åland devint une partie du Grand Duché de Finlande sous le tsar de
Russie.
Pendant que l’empire russe se désintégrait, une
rencontre secrète de représentants des toutes les communes d’Åland se
tenait en août 1917. C’est là qu’il a été décidé de reclamer le
ralliement d’Åland à la vieille patrie, la Suède. Cette pétition
soutenue et signée par l’immense majorité de la population adulte locale
fut transmise au Roi de Suède et au Gouvernement de la Suède par des
représentants d’Åland.
En vertu du principe d’autodétermination des peuples et
à l’instar de l’exemple ålandais avec la Suède, la Finlande proclame à
son tour en décembre 1917 son indépendance et instaure la république. Du
côté finlandais pourtant, on n’êtait pas prêt à donner une suite
favorable aux revendications de ralliement d’Åland à la Suède. Par
contre on était disposé à octroyer une certaine forme d’autonomie
interne à l’archipel des îles d’Åland. C’est ainsi qu’en 1920, le
Parlement de la Finlande vote une Loi sur l’autonomie qui fut pourtant
rejetée par les ålandais.
Suite à la présentation de la Loi sur l’autonomie à
Mariehamn par le Premier Ministre de la Finlande, Monsieur Rafael Erich,
les ålandais quittèrent la réunion en signe de protestation. En effet,
les représentants du peuple d’Åland exigèrent que c’est aux ålandais
seuls de se déterminer sur la nature de leur statut d’appartenance
nationelle à travers un référendum. C’est la raison pour laquelle ils
réfusérent d’accepter une autonomie qu’ils n’avaient pas demandée.
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La région autonome de l’archipel des îles d’Åland hisse son
propre drapeau en 1954. |
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En raison du caractère international de la question
ålandaise, ce dossier fut renvoyé devant la Société des Nations
nouvellement créée. Finalement, en juin 1921, le Conseil de la Société
des nations décide d’un compromis qui ne lèse aucun des trois
protagonistes en conflit. La Finlande, la Suède et Åland, à chacun sa
part:
La Finlande obtient la souveraineté sur l’archipel des
îles d’Åland mais doit s’engager à garantir:
- la sécurité des habitants d’Åland
- l’usage de leur langue, le suèdois
- le respect de leur culture et moeurs locales.
- le système d’autonomie proposé en 1920 par la Finlande à Åland.
Cette décision est complétée par un accord bilatéral
entre la Finlande et la Suède sur la manière de traduire ces garanties
dans les faits.
De manière concomitante la Société des Nations décide de
faire un accord sur la démilitarisation et la neutralité d’Åland, de
telle manière qu’Åland ne représente plus de danger militaire potentiel
pour la Suède à l’avenir. La Loi sur l’Autonomie de 1920 ayant été
complétée par des décisions relatives à l’acquisition des terres et aux
questions se rapportant au droit de vote, il ne restait plus qu’à
procéder à l’éléction de la première assemblée parlementaire regionale
en 1922. Le nouveau parlement, "Landstinget", qui était le premier nom
du Parlement d’Åland, a tenu sa première session plenière le 9 juin.
C’est ce jour du 9 juin qui est désormais proclamé et célébré comme jour
de fête de l’autonomie d’Åland. La Loi sur l’autonomie a depuis été
profondément amendée deux fois, en 1951 et en 1993.

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